Les EEIF, 90 ans après, promesse… tenue !

Il y a 90 ans, sept adolescents de la jeunesse juive française se sont retrouvés le dimanche 27 mai 1923 avec à leur tête le Grand rabbin de Paris, Maurice Liber, à l’intérieur de la majestueuse synagogue de Versailles. Devant l’Arche sainte, un drapeau tricolore déployé sur la Teba, devancés par leurs chefs, Robert Gamzon (Castor Soucieux) et André Kisler-Rozenwald, les jeunes scouts juifs promettent de « Servir D-ieu, le Judaïsme et la France. Rendre service en toute occasion. Obéir à la loi de l'éclaireur ». Les chants EI n’existaient pas encore, aussi la cérémonie de la première Promesse se termina par le seul couplet en hébreu que tous connaissaient et qui les unissait, le Chéma.          

Le Mouvement des Éclaireurs Israélites de France était né.

Ces trois phrases symboliques, ce dimanche 26 mai 2013, trois anciens EI les ont rappelées sur le parvis de la synagogue de Versailles devant 400 EI, jeunes et moins jeunes, fiers de célébrer le 90ème anniversaire des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France (EEIF) par cet événement fondateur.

-Jean-Raphaël Hirsch dit Nano, réfugié à la maison des EI de Moissac. Le plus jeune résistant de France qui, sur sa bicyclette à 9 ans transmettait messages et matériel.

-Monique Elfassy dit Ayala, restée orpheline après la Shoah qui, tout au long de sa vie, s’est consacrée au mouvement, y assumant diverses responsabilités jusqu’au début des années 2000.

-Jean-Charles Levyne dit Musaraigne, scout de la première heure ayant représenté le mouvement dans diverses instances du scoutisme national et international.

À leur suite, six jeunes EI de Versailles prononcent la nouvelle promesse dont le texte au fil des ans a évolué et s’est enrichi des notions de partage et d‘engagement, de respect de l’autre, de l’environnement, et d’attachement à Israël.

Après l'introduction de Béatrice Halpern Boukris, secrétaire des E.E.I.F, racontant l’histoire de cette promesse, François de Mazières, Député-maire de Versailles a pris la parole et salué « L’élan du cœur que constitue toute promesse de jeune. Un symbole de tolérance et de dignité dans les plus grandes difficultés de l’existence ». 

Samuel Sandler, Président de l 'A.C.I.V. , rappelle le destin EI en évoquant le rôle de J.P. Bader qui en 1943 fabriquait des faux papiers dans la cuisine de ses parents. 

Michel Payen, Président du Scoutisme français se réjouit de « Toutes ces promesses dont se nourrit la Fédération à travers ses membres qui voient dans la rencontre, dans l’action et le partage avec l’autre, quelque chose de constructif non seulement pour eux mais pour notre société et pour le monde ».

Le président des E.E.I.F. Michel Nakache explique pourquoi les EI ont décidé de placer cet événement singulier et unique au centre des festivités de leur année d’anniversaire : « Parce qu’il représente exactement ce que le scoutisme juif a envie d’exprimer aujourd’hui dans la société française ».

La cérémonie menée par Béatrice Halpern-Boukris qui a réalisé ce projet avec l'aide de Samuel Sandler Président de l'A.C.I.V. et grâce à la collaboration de la Ville de Versailles, se conclue par le dévoilement d’une stèle devant la synagogue qui rappellera aux riverains, fidèles, touristes et passants occasionnels ce moment d’histoire très particulier conjugué à l’histoire locale d’une communauté juive présente depuis plusieurs siècles à Versailles.

Avant de se disperser, tous les EI présents, encadrés par leur Commissaire Générale, Karen Allali, ont entonné le chant fédéral.

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